Qu'il s'agisse de réfugiés qui fuient la guerre ou de la sécheresse qui détruit les terres agricoles, la faim est souvent la première urgence. Ceux qui ont faim se tournent vers le PAM pour les premiers secours. En 2008, l'aide alimentaire de l'agence a atteint 102,1 millions de personnes dont 84,4 millions dans le cadre d'opérations d'urgence. Le nombre de situations d'urgence alimentaire a augmenté au cours de ces deux dernières décennies, passant d'une moyenne de 15 par an pendant les années 1980 à plus de 30 par an depuis le tournant du millénaire. Quelle que soit la cause, naturelle ou humaine, la faim est l'une des premières menaces à la survie. A la demande du gouvernement d'un pays, le PAM met en mouvement les roues bien huilées de sa procédure de réponse d'urgence. Au cours de ses 40 ans d'histoire, l'agence est passée maître dans l'art complexe d'acheminer les bons vivres aux bonnes personnes au bon endroit. Premièrement, les équipes d'Evaluation de l'Urgence sont envoyées sur place pour poser les questions fondamentales : quelle quantité de vivres est nécessaire pour combien de bénéficiaires et pendant combien de temps ? Et comment les vivres peuvent-ils être livrés aux personnes qui en ont besoin ? Après avoir obtenu ces réponses, le PAM élabore une Opération d'Urgence (EMOP), qui comprend un plan d'action et un budget. Ceci permet d'établir qui va recevoir cette aide alimentaire, quelles rations sont nécessaires, le type de transport que le PAM va utiliser et les couloirs humanitaires qui mènent à la zone de crise. Le PAM lance ensuite un Appel à la communauté internationale pour récolter des fonds et de l'aide alimentaire. L'agence dépend entièrement des contributions volontaires pour financer ses opérations, avec des dons réalisés en argent, en vivres ou en services. Les gouvernements sont la plus importante source de financement. Plus de 80 d'entre eux soutiennent les opérations du PAM dans le monde. Quand les fonds et la nourriture commencent à arriver, l'équipe logistique du PAM entreprend de faire le lien entre les donateurs et les personnes qui ont faim. En 2007, l'agence a acheminé 3,3 millions de tonnes d'aide alimentaire par air, par terre et par mer. Ce sont les bateaux qui transportent la plus grande part des cargaisons du PAM, leurs cales remplies à ras bord avec 50 000 tonnes ou plus de céréales, de bidons d'huile de cuisson et de conserves ; chaque jour, l'agence a 40 bateaux en haute mer et réachemine fréquemment des navires pour faire parvenir urgemment les vivres vers les zones de crise. Dans des cas extrêmes, le PAM utilise également les airs pour atteindre les victimes de la faim, en transportant par avion ou en larguant l'aide alimentaire directement sur les zones de catastrophe.
Avant que l'aide puisse atteindre son pays de destination, les experts en logistique ont souvent besoin d'ajouter des extensions aux ports et de se procurer des entrepôts.
Ce sont les camions qui constituent habituellement le maillon final de la chaîne alimentaire du PAM, en transportant l'aide alimentaire le long de routes accidentées menant aux victimes de la faim. Lorsque les routes sont impraticables ou simplement inexistantes, le PAM se replie sur des formes moins conventionnelles de transport : des ânes dans les Andes, des hors-bord sur les rivières en crue du Mozambique, des chameaux au Soudan et des éléphants au Népal.
Lorsque les vivres atteignent les sites de distribution désignés, camps de réfugiés, centres d'alimentation thérapeutiques et autres hébergements d'urgence, le PAM s'associe avec les gouvernements et les organisations non-gouvernementales (ONG) pour remettre les vivres entre les mains et dans la bouche de ceux qui ont faim. Le PAM travaille avec plus de 2 800 ONG internationales et locales pour distribuer l'aide alimentaire. A ce stade, les autorités locales travaillent en étroite collaboration avec le PAM pour s'assurer que les rations atteignent bien les personnes qui en ont le plus besoin : les femmes, les mères enceintes, les enfants et les personnes âgées.
| Les rations d'urgence du PAM |
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- Les rations complètes du PAM tiennent compte de ce que la population locale cuisine et mange, mais le panier alimentaire typique comprend divers aliments de base (céréales, huiles et légumineuses) et parfois des aliments complémentaires (viande ou poisson, légumes et fruits, mélanges de céréales enrichis, sucre, condiments). Ces derniers améliorent l'adéquation nutritionnelle et l'aspect appétissant. Les protéines doivent fournir 10 à 12% (60 g) de l'énergie et les lipides au moins 17 % (40 g).
- Au stade initial de l'urgence, lorsque les conditions pour cuisiner font défaut, le PAM utilise des biscuits énergétiques, riches en micronutriments, pour satisfaire les besoins alimentaires.
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